LE BLANC ENVAHISSANT LE SHETLAND

Le thème est récurrent. Il revient régulièrement dans l’actualité et, à fortiori, quand naissent, comme aujourd’hui, des portées ou plusieurs chiots, bien qu’issus de chiens standards, sont visiblement d’emblée non confirmables car envahis de blanc !

 

Que dit le standard ?

«  Les marques blanches peuvent apparaître (sauf chez les noir et feu) sur le poitrail, le jabot, les membres, l'extrémité de la queue ; elles peuvent former une liste ou un collier.

Les marques blanches seront préférées, en partie ou dans leur totalité (sauf chez les noir et feu) mais leur absence ne sera pas considérée comme un défaut. Les taches blanches sur le corps sont à proscrire. »

 

Que dit la génétique ?

La panachure blanche du Shetland est considérée « panachure limitée ». Ce qui correspond à la panachure dite « Irlandaise », définie comme suit :

« Patron dit de "panachure limitée aux extrémités" : chien coloré avec liste, collier, plastron, bas et balzanes,  et bout de queue blancs ».

 

Cette couleur blanche, (en réalité, une absence de pigment dans le poil) est régie par le locus (emplacement des gènes) « S ».

Cette série présente 4 possibilités, dans cet ordre de dominance.

S+ : la robe est entièrement colorée

Si : Pour Irlandaise, qui nous concerne.

Sp : pour la robe PIE, le blanc peut s’exprimer autant que la couleur.

Sw : c’est l’allèle du blanc envahissant.

 

Mais, un gène choisi par Mère Nature pour un chiot, est toujours composé d’une moitié prise au père et une autre à la mère. Ce qui implique que ce gène, pour chaque individu, soit sécable en deux moitiés. Entre ici la notion de gène homozygote (les deux moitiés sont identiques) et de gène hétérozygote (les deux allèles sont différents).

 

On peut penser que si notre Shetland est conforme au standard, sa panachure sera contrôlée par le fait d’avoir récupéré des deux parents deux demi gènes Si-Si. Hélas, cet idéal serait trop simple et survient de plus en plus rarement.

 

Les travaux du Pr Denis, entre autres, ont montré que pour le blanc, l’expression est soumise à des phénomènes modificateurs, et que la dominance des allèles est souvent incomplète. Donc, ce que l’on observe (le phénotype) n’est pas toujours ce que le chien peut transmettre (génotype) et, pire, Denis dit : « A cause de ces dominances incomplètes, les zones limitrophes de chaque combinaison se confondent entre elles ». Ajoutons à cela que le blanc, observé comme un signe de domestication, va TOUJOURS, naturellement vers l’envahissement.

 

Ce qui, plus clairement, signifie qu’un Shetland apparaissant standard, Si/Si peut être, en fait génétiquement un Si/Sp, voire un Si/Sw ! Et ceci explique facilement pourquoi un chiot peut se retrouver Sp/Sp ou Sw/Sw. C’est pourquoi, depuis toujours, les éleveurs cherchent à repousser l’apparition de blanc envahissant en en limitant le plus possible l’expression sur leurs reproducteurs. 

 

Quels sont les risques ?

Mis à part de contrarier les juges qui doivent appliquer le standard, ce blanc est signe d’une dépigmentation qui peut à l’extrême, mener à des conséquences fâcheuses pour la finalisation correcte du système nerveux des chiens touchés.

La prudence et le principe de précaution à appliquer sont du même registre que pour le double merle ou le merle caché.

 

C’est encore l’avancée de la recherche génétique qui nous permettra un jour de contenir le phénomène, en déterminant précisément les allèles en cause et nous évitant de mélanger et fixer les indésirables.

 

En attendant, appliquons le standard !                

 

Philippe DUCHESNE

Article paru dans la Revue n°99 en 2013

Présidence du SCF

Philippe DUCHESNE

Le triangle

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